du 04/01/2020 au 08/02/2019

Le sang et la nuit

communiqué de presse

Indéniablement, les peintures de Nicolas Chardon entretiennent un rapport étroit avec l’histoire de la peinture et plus particulièrement avec les archétypes de l’abstraction géométrique. De série en série, il reste fidèle à un langage moderniste et surtout à un protocole d’exécution qui malgré l’apparente répétition génère un renouvellement constant et qui depuis plus de vingt ans semble inépuisable (tendre un tissu à carreaux – vichy, madras, etc. – sur un châssis et utiliser les lignes déformées par la tension de la trame pour peindre la surface).

Avec l’exposition LE SANG ET LA NUIT je veux mettre en avant la part de récit(s) à l’œuvre dans ma peinture, et de façon générale montrer comment selon moi l’abstraction s’est toujours nourrie d’histoires, et a toujours aussi produit des histoires et de l’interprétation.
La souplesse caractéristique des formes de ma peinture entraîne une souplesse toute conceptuelle vis à vis des modèles et des figures tutélaires. Il y a du jeu. L’original est un mythe (cf. Rosalind Krauss) construit sur ce jeu, la mémoire et l’oubli.
Dans l’exposition, un ensemble de 8 tableaux dont l’accrochage est réglé par la composition présente sur chaque peinture, active une chaîne de relations entre une œuvre de Blinky Palermo, de Kasimir Malevitch et mon propre travail, le tout en étirement et en douceur. Une autre peinture, un carré rouge sur fond blanc, évoque bien sûr l’œuvre de Malevitch qui singulièrement s’intitule, on s’en souvient, “Réalisme pictural d’une paysanne en deux dimensions“. Un autre tableau rappelle lui aussi Malevitch, mais prend pour modèle un véritable « faux », découvert il y a deux ans à Düsseldorf.
Avec son titre de thriller abstrait, de polar conceptuel, qui évoque aussi les fameux “Trois carrés rouges sur fond noir“ de Tonino Benacquista, LE SANG ET LA NUIT mêle sans complexe le vrai et le faux, et fait la démonstration avec l’œuvre « Peinture abstraite dans le désordre » que tous les sens sont bons et qu’il n’y a d’ordre que celui qu’on se choisit.

NC

Quel est notre degré de tolérance face à tant d’imperfection ? Regarder un tableau de Nicolas Chardon, c’est toujours mettre son regard à l’épreuve devant ces formes contrariées.
Nicolas Chardon parvient toujours à nous surprendre avec de simples figures qui échappent aux règles strictes d’une géométrie euclidienne. Pour lui, qui maintient à distance l’idée d’une invention démiurgique, le concept de perfection est si indéterminé qu’il a fait le choix d’une peinture qui ne triche pas et où le réel ne se laisse pas dominer par le rationnel.

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Nicolas Chardon est né en 1974 à Clamart. Il vit à Paris et travaille à Les Essarts Le Roi.