du 15/02/2020 au 28/03/2020

Autodafé

dossier de presse

Adam Adach est un artiste franco-polonais, vivant entre Paris, Varsovie et Lisbonne. Son travail explore le rapport entre la mémoire politique et le vécu individuel, entremêlant provocation et poésie engagée, références culturelles et autobiographiques. Sa nouvelle exposition à la Galerie Jean Brolly actualise le thème des persécutions inquisitoriales qui marquent si tristement l’histoire de l’Europe occidentale (et de ses colonies), et par le nombre de victimes et par l’imaginaire durable de la terreur-spectacle.

Une série de dessins performatifs, dont la destruction par le feu a été capturée par la photographie, donne le titre à l’exposition. Adam Adach y présente aussi une série de nouvelles peintures à la fois féeriques et troublantes, clin d’œil à Hieronymus Bosch par la profusion des détails, mais qui peuvent être lues comme des allégories du monde actuel ou de ce qu’il pourra devenir. La cohabitation anachronique, ou plutôt intemporelle, d’images historiques et contemporaines permet aussi de lire chacun de ces travaux comme une uchronie – d’après le néologisme créé en 1876 par le philosophe Charles Renouvier –, un temps imaginé ou une histoire contrefactuelle.

Inspirée, entre autres, par la lecture de Sorcières. La Puissance invaincue des femmes (2018) de Mona Chollet, l’exposition d’Adach subvertit la facture classique de ses propres traits, adjoint la corporéité, oscille délibérément entre émotion et kitsch, rationalité et extase.

À vrai dire, c’est précisément parce que les chasses aux sorcières nous parlent de notre monde que nous avons d’excellentes raisons de ne pas les regarder en face. S’y risquer, c’est se confronter au visage le plus désespérant de l’humanité.

– Mona Chollet.