du 26/10/2017 au 25/11/2017

L’aurore se lève. Sources, Fontaines & Soulagements

dossier de presse

Après la contrainte, la liberté
après la suspicion, la confiance.

L’exposition L‘aurore se lève – Sources, Fontaines & Soulagements montre le développement d’une recherche remontant à 1986, date à laquelle je fis part à Bernard Marcadé du fait que je voyais dans les tableaux de Lucas Cranach, représentant Fontis Nympha…, une miction d’Artémis que le peintre nous suggère – le jet de la déesse sortant d’une source bien évocatrice d’un sexe féminin. Les cris de la critique et du public saluèrent ma lecture et s’accentuèrent quand en 1994 je déclarais mon intention de m’occuper des Menstrues de la déesse. Mon goût pour ce qui coule fut loin de soulever l’enthousiasme.

Le ton était donné. Le thème de la Femme Source s’installa durablement au centre de mon œuvre. Je ne pouvais être plus optimiste en reprenant par la suite pour la nommer, le titre du manuscrit conservé à la Bibliothèque Centrale de Zurich, Aurora consurgens, que je traduisis par L’aurore se lève, et de privilégier l’enluminure montrant une femme source en décidant de ne pas m’occuper de la symbolique mais de m’en tenir à ce que je voyais.

L’exposition offre au public un ensemble qui le conduira d’une proposition sylvestre et Artémisiènne à une évocation du passage, de l’enfance à l’adolescence, de celles que j’appelais alors mes modèles (College girl – 1982 et Nature morte pas si morte que ça ! – 1997). La pièce centrale qui donne son titre à l’exposition est un ensemble complexe sur le thème du soulagement, se poursuivant sur le mur de gauche par une étude projective du tableau de Cranach visible au Metropolitan de New York. Face à ce grand soulagement, La figue éclatée – 2009, en souvenir de Tomoko, prolongera le sujet avec toute la délicatesse et l’humour que mon amie japonaise y apportait.

La dernière partie vous conduira, accompagné par Artémis et son astre préféré, de sources en cascades vers un nouveau levé de l’aurore que nous réservons aux personnes dont les yeux dessillés sont capables de voir. Les autres étant priées de s’abstenir ! Il a fallu trente ans de rencontres, de conversations, de réflexions pour arriver à ce qui vous est proposé aujourd’hui. L’œuvre étant ouverte, elle s’est enrichie des apports de celles (ceux !) qui la rejoignent. On ne vous donne pas d’explications, on vous laisse libre de vous situer comme vous l’entendez face à cette aurore qui se lève. D’autres suivront, c’est certains. Auront-elles « des doigts de rose ? », on peut toujours l’espérer. Vous voyez comme c’est facile de s’aventurer dans une pratique de l’art, il suffit d’être attentif et patient, en quelque sorte de laisser le temps au temps. On ne refait pas le monde, on le laisse se faire ou se défaire à son gré. Pas de message non plus, mais des possibilités de situations qui vous sont offertes. Si elles ne vous plaisent pas, nous en sommes navrés ; inutile de crier. Vous pouvez faire le tableau vous-même, mais ça c’est un autre problème et c’est le vôtre !

 

Le jeudi 26 octobre à 19 heures précises
Enna Chaton, Léa Sotton et Paul Armand Gette
donneront la célébration
« L ‘aurore se lève – Sources, Fontaines & Soulagements »
après laquelle vous pourrez déguster
La navette d’Edith
arrosée de Vin de Diane.