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Benjamin Swaim, Mathieu Cherkit.
juillet




Mathieu Cherkit:
Flam, 2010.
Automne - Hiver, 2009-2010.
Le fumeur, 2010.
Vanessa, 2010.

Benjamin Swaim:
Salammbô Schreber, 2010.
Sans titre (Forty guns), 2006.
Diptyque Sans titre (Forty guns), 2006.

 

Bernard Aubertin - Tableaux feu et Monochromes
juin-juillet

La galerie Jean Brolly à présenté « Tableaux-feu et monochromes », une exposition des œuvres récentes de Bernard Aubertin.

Les premiers « Tableaux-feu » de Bernard Aubertin datent de 1961 et pour ces 75 ans, l'artiste a décidé de renouer avec le feu.
Deux séries sont ici présentées : l'une avec des boîtes en carton contenant des paquets d'allumettes, collées sur une plaque d'aluminium et enflammées ; l'autre, constituée de feuilles métalliques percées de petits trous dans lesquels plus de 2000 allumettes ont été placées avant d'être allumées. L'un des « Tableaux-feu œuvre » de cette dernière série, accroché au mur, sera allumé. Très vite l'œuvre se transforme en une véritable torche, laissant une trace de fumée sur le mur.
Pour l'artiste, les traces ou les formes hasardeuses produites par le feu, symbole de création, illustrent la réalité concrète. Toutes sont nouvelles, différentes et éphémères.

En 1961, Bernard Aubertin adhère au Groupe Zéro, formé en 1959 par Heinz Mack, Otto Piene et Günther Uecker. Beaucoup d'artistes comme Jan Schoonhoven, Piero Manzoni, rejoindront le Groupe Zéro. Yves Klein et Arman bien que n'y adhérant pas, en furent les messagers en France.

Sa rencontre avec Yves Klein en 1957 fut déterminante et orienta son œuvre dans le sens d'un absolu matérialiste.

Les autres œuvres présentées sont des monochromes (rouge, or, argent, noir, jaune et blanc), sur toile, structurés par des touches épaisses ou réalisés au couteau; ou encore, sur papier comme dans la série « Collatéral » où l'artiste a tout simplement essuyé son couteau selon un système logique pour un résultat hasardeux

Bernard Aubertin est né en 1934. Il vit et travaille à Reutlingen (Allemagne).

 


Vues de l'exposition Bernard Aubertin Tableaux feu et Monochromes, galerie Jean Brolly, Paris, 2010

 

Pierre Savatier - Relevés
avril-mai

Pour sa quatrième exposition à la galerie Jean Brolly, Pierre Savatier présente plusieurs séries de photogrammes.
Tissu, étoffe ou, comme dans sa dernière série, le ruban, la matière textile occupe une place récurrente dans le travail de l'artiste. Pierre Savatier compose avec les effets de souplesse des matériaux, leur transparence, les plis, et le flux de lumière pour créer un espace photographique dans lequel on passe de la netteté la plus fine au flou, de la surface à la profondeur.

Tout son travail s'effectue « à l'aveugle », dans le noir complet de la chambre noire. L'artiste dispose un ou plusieurs objets sur la surface sensible du papier puis insole avec des techniques d?éclairage adaptées selon les séries, mais toujours dans un temps proche de l'instantané photographique.

« Je crois que c'est plus simple de dire "Oui, il s'agit de photographie" ; mais la façon dont la photographie existe est, pour moi, plus liée à l'Histoire de l'Art du XX ème siècle qu'à l'histoire de la Photographie.
Dans les Arts visuels, la relation au réel passe par la vision; c'est une des raisons pour lesquelles je travaille autour de la photographie, de son dispositif, en me servant du photogramme pour poser à partir du réel la question de la vision. »
Pierre Savatier.

L'ensemble de ce dispositif, dans sa relation au temps, comme dans ses relations entre précision et aléatoire, renvoie à la vision photographique. Dans ses dernières séries de photogrammes, couleur ou noir et blanc, la multiplication des sources lumineuses lors de l'insolation les fait apparaître comme des éclairages artificiels. Ajouté à ces transparences colorées, l'ordonnancement aléatoire des plis complexifie la vision. Le dispositif, toujours perceptible parce qu'archaïque, mis en place à partir de tissus imprimés, produit une complexité visuelle. Toute l'œuvre de Pierre Savatier croise une réflexion sur le dispositif (utilisé) et sur l'image (produite), sur la lumière et sur la vision. En marge du courant documentaire dominant la photographie contemporaine, l'œuvre articule une pensée spéculative sur le médium avec une relation à l'imaginaire.

 


Vues de l'exposition Pierre Savatier Relevés, galerie Jean Brolly, Paris, 2010

 

Jan Kämmerling - The Black of Well Polished Shoes
février-avril

Pour sa deuxième exposition à la galerie, Jan Kämmerling, jeune artiste de Düsseldorf, explore un thème caractéristique dans son travail: la déstabilisation du regard, obtenue par un jeu d'obliques, à la fois dans la forme du châssis et dans les aplats de couleurs.
Fidèle à cette démarche, une grande peinture trapézoïdale (160 de hauteur sur 500 cm de large), recouverte uniformément, sur presque la totalité de sa surface, d'une couleur rouge, est bordée d'une fine bande triangulaire noire, sur sa droite – bordure biaisée – qui va déterminer l'axe vertical du tableau. Ainsi, pour l'accrochage, le tableau tout entier va basculer suivant un angle de 6° donnant ainsi l'impression d'une composition instable.

Une série d'œuvres réalisées avec des feuilles métalliques (61 x 89 cm) est montrée pour la première fois. Deux couleurs sont appliquées, suivant une diagonale (noir/gris, noir/blanc ou rouge/noir) et, dans la diagonale opposée, une découpe (triangle rectangle) est effectuée sur presque toute la longueur. Les parties restantes sont ensuite forcées de manière à ce qu'elles se retrouvent parallèles. Les couleurs se retrouvent ainsi décalées par rapport au dispositif initial.

S'appuyant sur certaines expériences historiques telles que Constructivisme, De Stijl et Hard Hedge, Jan Kämmerling cherche par des processus simples à questionner notre mémoire visuelle. On retrouve dans sa démarche les principes chers aux artistes de l'abstraction géométrique : neutralité de la facture ainsi que dépouillement et rigueur formels. La palette utilisée est le plus souvent réduite à la confrontation de 2 couleurs, blanc/noir, vert/gris, noir/gris métallisé, sans jamais chercher à les exalter. Pour l'exposition, le rouge/noir sera privilégié.

 


Vues de l'exposition Jan Kämmerling The Black of Well Polished Shoes, galerie Jean Brolly, Paris, 2010

 

Nicolas CHARDON - Abstract
janvier-février

Pour cette nouvelle exposition à la galerie Jean Brolly, Nicolas Chardon présente un ensemble d'oeuvres réalisées ou pensées lors de son séjour à la Villa Médicis (2008/2009).
« Abstract » est une oeuvre constituée de 8 toiles, toutes de format différent, sur lesquelles viennent s'inscrire chacune des lettres du titre, seules ou répétées, à la manière d'une page d'écriture.
Une grande « Cible », en 4 parties est présentée d'une manière non conventionnelle, puisque son centre est renvoyé aux quatre coins extérieurs. L'oeuvre la plus surprenante est une peinture polyptyque constituée de carrés de 80 x 80 cm, intitulée « Mosaïque ». Elle se déploie librement sur un mur comme une peinture sans fin. Pour cette oeuvre, Nicolas Chardon a opté pour une intervention minimale répondant à une interrogation invariable dans son travail. En effet, la question du « fond » peint, par rapport à la forme, est ici évacuée puisque l'artiste prend le parti de peindre en bordure de chacune des toiles, une répétition de 4 formes noires, en laissant en réserve le tissu quadrillé de la toile (petit vichy noir), mettant ainsi clairement en évidence le procédé de son travail.
Depuis toujours, Nicolas Chardon applique une méthode qui consiste à tendre et à agrafer un tissu à carreaux (vichy, madras, écossais, damier) sur un châssis puis à peindre des figures géométriques en suivant les lignes de l'imprimé du tissu, qui perd son orthogonalité du fait de la tension. Seul, le champ de la toile sera gardé vierge, comme un indice, invitant ainsi notre regard à quitter la frontalité du tableau et à nous interroger sur le processus mis en place.
Ce qui intéresse l'artiste dans les étapes de conception et de fabrication du tableau, c'est une certaine neutralité et une mise à distance du résultat. Si son travail s'appuie sur l'observation du réel, c'est surtout une démarche conceptuelle animée par des paradoxes qu'il convient de retenir. Ainsi, il se plaît à dire par exemple que « tendre », assouplit, bousculant ainsi certaines valeurs modernistes aux codes plus rigides.
Pour l'artiste, le moment de peindre intervient comme un après-coup, comme si la toile tendue sur le châssis avec ses couleurs et son motif suffisait à être un bon tableau moderne, achevé, mais qu'il fallait « re-faire ». Cette réflexion s'exprime tout particulièrement dans son dernier travail intitulé « Mosaïque » précédemment évoqué.

 


 

Vues de l'exposition Abstract, galerie Jean Brolly, Paris, 2010