Tatjana Doll -
Recycling Containers juin-juillet
Dans un premier volet, Tatjana Doll offrait un regard personnel et inattendu sur Paris avec une exposition intitulée "vigilance propreté" à la galerie Jean Brolly.
Regroupant des séries de peintures qui avaient pour sujet la politique écologique de la ville avec les poubelles d'immeuble aux couvercles blancs, jaunes ou verts, les sacs poubelles en plastique transparents suspendus à des potences portant l'inscription "vigilance propreté" et les véhicules de nettoiement ("balayeuse"), l'exposition était résolument verte.
Pour cloturer la saison, la couleur verte reste à l'honneur. En effet, Tatjana Doll a peint un autre objet très caractéristique de notre mobilier urbain : le container pour le recyclage du verre.
C'est la série complète, constituée de 6 grandes peintures (échelle 1) qui est ici présentée.
En conformité avec les propositions artistiques du groupe "hobbypop" dont elle fut membre (Düsseldorf - 1997 - avec Tine Furler, Sophie von Hellermann, Dietmar Lutz et Markus Vater), Tatjana Doll s'intéresse d'une manière quasiment exclusive aux choses "sans âmes et sans pathos" : iPod, Mini, Hummer, gobelets en carton des chaînes de restauration, logos d'enseignes, panneaux de signalisation...
Tatjana Doll oblige notre regard à s'attarder sur des objets ordinaires, qui généralement ne retiennent pas notre attention. Avec un style facilement reconnaissable qui consiste à peindre à même le sol d'une manière énergique et directe, elle réussi à insuffler à tous ces objets un souffle de vie, les rendant ainsi plus humains.
Dépassant les positions des artistes pops et du Nouveau réalisme plus préoccupés par la dénonciation la société de consommation, Tatjana Doll transforme ainsi les sujets de ses peintures en de véritables portraits-objets.
Tatjana Doll est née en 1970 à Burgsteinfurt (Allemagne).



Vues de l'exposition Recycling Containers, galerie Jean Brolly, Paris, 2008
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Gabriel Vormstein -
The Dream and the Ream mai-juin
Ses œuvres évoquent l'éphémère de la vie. Elles sont réalisées avec des matériaux usagés (branchages, pages de journaux, etc.) sur lesquels sont greffés des ajouts (feuilles métalliques, perles de verres). L'œuvre présentée peut se lire comme une grande fresque murale, une épopée qui témoigne d'une fusion formelle et spirituelle d'éléments de paysage et de bouts d'humanité.




Vues de l'exposition The Dream and the Ream, galerie Jean Brolly, Paris, 2008
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Sarkis -
Les « Trésors de guerre » sont-ils sacrés ? mars-avril
« Ma mémoire est ma patrie ». Sarkis
Pour sa deuxième exposition à la galerie, Sarkis proposait autour du concept de « Kriegsschatz », ses « trésors de guerre », une nouvelle mise en scène où se côtoient sculptures, photographies, aquarelles et vidéo.
Intitulée Les « trésors de guerre » sont-ils sacrés ?, l'exposition invitait, à partir d'objets disparates issus d'un art populaire, à nous interroger sur notre relation à l'histoire des cultures et des civilisations.
Si la plupart des objets rassemblés (vêtements de cheveux ou en fibres végétales, récipients en pierre, autels de prières, objets vaudous) ont été ramenés d'Inde suite à un voyage effectué par l'artiste, d'autres proviennent d'Afrique, de Chine, de Cuba ou encore de son pays d'origine, la Turquie. Tous chargés d'histoire, certains datent même de plusieurs siècles. Avant d'être présentés à la galerie, ils ont séjourné dans les « entrailles » de son atelier à Villejuif, véritable sanctuaire d'une mémoire universelle.
Sarkis se défend de toutes limites et des nombreuses barrières qui souvent s'avèrent être destructrices. Il aime établir des associations entre passé et présent, cultures proches et lointaines par un processus de transformation simple. Ainsi, l'aquarelle, utilisée très souvent pure, ou encore les tubes fluorescents, agissent dans son œuvre comme des révélateurs qui ne manquent pas de provoquer des connexions mentales. Prenant véritablement possession de ces objets, Sarkis les revitalise, dans un rituel proche du sacré.
Né en 1938 à Istanbul, Sarkis travaille à Villejuif.
En 2007 à l'occasion de l'Année de l'Arménie en France, il a proposé au Musée du Louvre, par vidéotransmission, une réflexion sur l'espace et le temps autour de quatre œvres : Uccelo, Grünewald, Munch et Beuys, qui ont marqué sa vie. La même année, le Musée Bourdelle l'accueillait pour une exposition personnelle intitulée Inclinaison.
Jusqu'au 25 mai, le musée Boijmans van Beuningen de Rotterdam montre une installation de Sarkis, « Landscape forever », dans les collections de sculptures médiévales.






Vues de l'exposition Les « Trésors de guerre » sont-ils sacrés ?, galerie Jean Brolly, Paris, 2008
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Nicolas Chardon -
Figures relatives février-mars
« Les figures de ma peinture sont des figures relatives, et à ce titre, elles ne seront jamais des figures absolues ».
Nicolas Chardon. Figures relatives est la troisième exposition personnelle de Nicolas Chardon organisée à la galerie.
Pour cette nouvelle exposition, Nicolas Chardon a choisi de présenter 3 sculptures avec une nouvelle série de tableaux de grands formats sur lesquels s'inscrivent des formes géométriques noires sur un fond blanc (carré, cible, damier).
Depuis toujours, Nicolas Chardon applique une méthode de travail qui consiste à tendre et à agrafer un tissu à carreaux (vichy, madras, écossais, damier) sur un châssis puis à peindre des figures géométriques en suivant le dessin de la grille fournie par les motifs du tissu qui a perdu son orthogonalité du fait de la tension. Seul, le champ de la toile sera gardé vierge comme un indice, obligeant ainsi notre regard à quitter la frontalité du tableau et à nous interroger sur le processus mis en place. Ce qui intéresse l'artiste dans les étapes de conception et de fabrication du tableau, c'est une certaine neutralité et une mise à distance du résultat. Si son travail s'appuie sur l'observation du réel, c'est surtout une démarche conceptuelle animée par des paradoxes qu'il convient de retenir. Ainsi, il se plaît à dire par exemple que « tendre », assouplit, bouleversant ainsi certaines valeurs modernistes aux codes plus rigides. Pour l'artiste, le moment de peindre intervient comme un après-coup, comme si la toile tendue sur le châssis avec ses couleurs et son motif suffisait à être un bon tableau moderne, achevé, mais qu'il fallait « re-faire ».
Avec ses sculptures, on retrouve une même neutralité et distanciation dans la méthode où un même héritage historique prédomine. Constituées de deux éléments de contre-plaqué standard issues d'une même plaque brisée en deux, préalablement recouverte d'une couche uniforme de peinture recto-verso, puis reliées entre elles par des filins d'acier, elles sont posées au sol, fixées au mur ou suspendues.

Nicolas Chardon. 2 Carré noir, 2006, acrylique sur tissu, 200 x 200 cm; Stabile, 2008, acrylique sur bois, 153 x 157 x 157 cm.

Nicolas Chardon. 2 Carré noir; Stabile; Relief, 2008, acrylique sur bois, 2 parties 153 x 159 cm - total: 306 x 159 cm.

Nicolas Chardon. 3 Cible noire, 2008, acrylique sur tissu, 30 x 30 cm; Relief; Stabile.

Nicolas Chardon. 3 Cible noire; Relief; Stabile.
Vue de l'exposition «Figures relatives », galerie Jean Brolly, Paris, 2008.
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David Scher -
The end is near (in a way), so repent somehow janvier-février
La galerie Jean Brolly accueillait la première exposition en France de l'artiste américain David Scher. Né en 1952, il vit et travaille à New York. Elève de Siah Armajani dès l'âge de 10 ans, David Scher est un artiste aux multiples facettes. Musicien, poète, peintre et grand dessinateur, il aime faire éclater les frontières comme pour affirmer une évidence : la vie est le résultat de diverses expériences et les émotions qui en découlent sont nombreuses et variées.
La galerie a choisi de mettre l'accent sur le prolifique dessinateur. « Je pense que je dessinais avant de savoir parler » déclare David Scher. Il aime tellement ce moyen d'expression qu'il va consigner toutes ses idées dans des petits carnets de notes qu'il rempli au grès de son humeur. Ainsi, pas moins de 900 carnets intimes ont été remplis à ce jour, et certains d'entre eux seront montrés pour la première fois au public.
Ses œuvres sur papier caractérisent parfaitement sa vision du monde. Univers souvent étrange où se côtoient des machines moyenâgeuses infernales installées dans des villes improbables dans lesquelles des personnages énigmatiques vaquent à des occupations désuètes. Il devient difficile de décrire ses dessins tellement ils foisonnent de situations cocasses.
Avec un sens de l'humour très particulier, David Scher retient toute notre attention nous obligeant à nous questionner sur notre façon de regarder et de comprendre les choses. En associant des techniques diverses - il aime se servir très librement d'aquarelle, de gouache, de crayon, d'encre et de collage sur un même dessin - des éléments disparates, des mots et des phrases énigmatiques, il nous décrit un monde absurde, fragmenté, qui est une porte ouverte à diverses interprétations.
Un catalogue de 120 pages a été édité pour cette occasion avec des textes de Alain Coulange, Erwan Bout ainsi qu'une interview avec Jean Brolly.
Clarinettiste, David Scher se produit depuis de nombreuses années avec le groupe Frank Noise, composé de Timothy Kane, Max Ray et Paul Scher..

David Scher Punishment of the Invisible. 2007. Technique mixte sur papier, 112,5 x 144,5 cm.

David Scher Deflagration. 2007. Encre, aquarelle et crayon, 94 x 123,5 cm.

David Scher Two Composers with Teapots. 2007. Collage et aquarelle, 72 x 90,5 cm.

David Scher Five Burghers with Teapots. 2007. Encre, 80 x 100 cm.

David Scher Fourteen. 2007. Gouache, crayon, aquarelle et encre, 100 x 129 cm.

David Scher Gravity. 2007. Crayon, aquarelle, gouache et encre, 67 x 101cm.

David Scher Knowlton's. 2007. Aquarelle, gouache et crayon, 86 x 120 cm.

David Scher Brink. 2007. Technique mixte sur papier, 76 x 106 cm.

David Scher Red. 2007. Aquarelle, gouache, crayon et encre, 87 x 120 cm.
Vues de l'exposition The end is near (in a way), so repent somehow, galerie Jean Brolly, Paris, 2008
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