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Michel Verjux - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - I n d e x
novembre - décembre

"Pour qu'il y ait exposition, il faut un espace sous un certain éclairage perçu par le regard d'un spectateur." Michel Verjux, "Entretien avec Jean Brolly", in Valses nobles et sentimentales, Les Musées de la Ville de Strasbourg, 1991.

La galerie Jean Brolly présente plusieurs œuvres récentes dont certaines rappellent celles conçues pour l'exposition Contrepoint : de la sculpture à laquelle il a participé au printemps dernier au Musée du Louvre :
"Double projection dos à dos, mi-rasante mi-frontale (sources au sol)" ; "Découpe au plafond, en douche (source sur socle et sous cloche)"; "Découpe au mur, frontale (source sur socle et sous cloche)".

Avec ses œuvres, ses "éclairages", Michel Verjux travaille depuis vingt cinq ans sur l'événement, l'acte, l'objet, le dispositif et le signe d'exposition.
Michel Verjux a tout d'abord pratiqué le dessin et la poésie (entre 1973 et 1983) et le théâtre (jeu, mise en scène et décors entre 1976 et 1979); il a ensuite pratiqué la performance et l'installation multimédia (entre 1979 et 1983 - utilisant à cette époque, entre autres, le corps, la vidéo et les projecteurs de diapositives).
A partir de 1983, Michel Verjux concentre son activité artistique sur les arts visuels et plastiques et travaille à ce qu'il appelle, d'une façon générique, ses "éclairages".

Principalement constituées de projections de lumière, orientées, cadrées et focalisées, ces œuvres peuvent être vues non seulement comme de simples images, formes ou signes géométriques de lumière projetée dans l'espace réel, mais aussi et surtout comme des indices et des symboles de l'événement, de l'acte, du fait, de l'objet et du dispositif que représente, selon l'angle sous lequel nous l'abordons, l'exposition.

Ces signes sont là pour nous faire prendre conscience de l'interaction des composants intrinsèques à chaque situation d'exposition (espace architectural, urbain ou rural, temps de l'exposition et du parcours du visiteur, matière, formes et structure constitutives des plans et des volumes éclairés et lumière ambiante préexistante) et des composants plus spécifiquement humains (nos dispositions à sentir, agir et penser - à percevoir, parcourir et comprendre).



Double projection dos à dos, mi-rasante mi-frontale (sources au sol)


Découpe au plafond (source sur socle et sous cloche)


Découpe au mur, frontale (source sur socle et sous cloche)

Vues de l'exposition I n d e x, galerie Jean Brolly, Paris, 2007

 

Pierre Savatier - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Règles filées
octobre - novembre

Depuis 1983, la mesure de référence universelle du mètre étalon est la distance parcourue par la lumière dans le vide en une fraction de seconde. C'est dire combien la lumière a une relation avec la mesure de l'espace. Si Pierre Savatier se réfère à cette réalité physique avec les moyens rudimentaires du photogramme, c'est que pour lui la photographie est aussi une histoire d'espace et de lumière mesurée.

Les photogrammes de Pierre Savatier nous montrent les traces des faisceaux lumineux guidés par les règles, filant vers le bord extérieur du papier photosensible. On pense à la vitesse de la lumière. Les règles peuvent être placées par ordre de grandeur, en désordre, ou croisées.

Plus encore que lors des deux précédentes expositions à la galerie, c'est la lumière réfractée par les objets qui prime ici. L'image des règles, leurs graduations et leur transparence, sont des vecteurs de lumière.
De la lumière vient la couleur. Dans « Règles filées, spectre », le flux lumineux, intense et désordonné d'un côté, fait apparaître les couleurs du spectre qui se déploient de l'autre.

Dans ces photogrammes, c'est la lumière qui construit un espace avec des « instruments de mesure » (1). Toute l'oeuvre de Pierre Savatier croise une réflexion sur le dispositif (utilisé) et sur l'image (produite), sur la lumière et sur la vision. En marge du courant documentaire dominant la photographie contemporaine, l'oe uvre articule une pensée spéculative sur le médium avec une relation à l'imaginaire.

1) Titre générique des premiers photogrammes de Pierre Savatier en 1988.






Vues de l'exposition Règles filées, galerie Jean Brolly, Paris, 2007

 

Tatjana Doll - - - - - - - - - - - - - - - - - - Vigilance propreté
septembre - octobre

Un regard personnel et inattendu sur Paris, tel sera le thème de la nouvelle série de peintures que l'artiste berlinoise, Tatjana Doll, a choisi de montrer pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Jean Brolly. En conformité avec les propositions artistiques du groupe "hobbypop" dont elle fut membre (Düsseldorf - 1997 - avec Tine Furler, Sophie von Hellermann, Dietmar Lutz et Markus Vater), Tatjana Doll s'intéresse d'une manière quasiment exclusive aux choses "sans âmes et sans pathos" : iPod, Mini, Hummer, gobelets en carton des chaines de restauration, logos d'enseignes, panneaux de signalisaion... Tous ces objets sont peints d'une manière énergique et directe loin de toute esthétique minutieuse et délicate. Tatjana Doll a choisi de faire un ensemble de peintures ayant pour sujet les outils employés pour mettre en oeuvre la politique écologique municipale : balayeuses, containers pour le recyclage du verre, potences pour les sacs poubelle et bien entendu les sacs poubelles eux-même qui ont permis à l'artiste de rendre un hommage inattendu aux verres cannelés de Raymond Hains. Leur inscription "vigilance propreté" a donné le titre à l'exposition et peut mener à une réflexion critique sur le comportement individuel et collectif.






Vues de l'exposition Vigilance propreté, galerie Jean Brolly, Paris, 2007


 

 

Jan Kämmerling - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Lift off
juin - juillet

Jan Kämmerling, jeune artiste de Düsseldorf était invité en 2006 à l'Atelier de la Galerie Jean Brolly. Pour cet espace, visible uniquement depuis la rue, il réalisa spécialement une sculpture/peinture: un long parallélépipède de couleur orange posé au sol et calé contre le mur opposé traversait en oblique tout l'espace. L'oeuvre démesurée par rapport au lieu semblait ne pas trouver sa place et donnait l'impression de ne pas être installée.
Pour sa première exposition à la galerie, Jan Kämmerling reprendra le thème de la déstabilisation avec une grande peinture présentée en diptyque très caractéristique : une toile trapézoïdale accrochée de biais vient se caler contre une grande toile rectangulaire. Une large bande oblique traverse l'ensemble des 2 toiles de manière discontinue. Cette composition instable attire notre regard qui cherche à rétablir un ordre propre à une composition géométrique classique.
S'appuyant sur certaines expériences historiques (Constructivisme, De Stijl, Hard Hedge) Jan Kämmerling cherche par des processus simples à questionner notre mémoire visuelle. On retrouve dans sa démarche les principes chers aux artistes de l'abstraction géométrique : neutralité de la facture, dépouillement et rigueur formels. La palette utilisée est le plus souvent réduite à la confrontation de 2 couleurs (blanc/noir ou gris, vert/gris, noir/gris métallisé) sans jamais chercher à les exalter.
Jan Kämmerling (1977) vit et travaille à Düsseldorf. Etudiant à la Kunstakademie, il était l'élève de Jan Dibbets.
Avec 3 autres artistes (Lars BREUER, Sebastian FREYTAG, et Guido MÜNCH), il gère depuis 2002 un espace d'art indépendant le "Konsortium" et organise des expositions d'artistes proches de leurs préoccupations.


Vue de l'exposition Tout sauf cela, galerie Jean Brolly, Paris, 2003






Vues de l'exposition Lift off, galerie Jean Brolly

 

 

 

David Tremlett - - - - - - - - - - - Back to the Drawing Board
mai - juin

Jean Brolly invite David Tremlett a intervenir directement dans l'espace de la galerie pour créer une grande composition murale.
L'oeuvre de cet artiste anglais qui se définit comme sculpteur, s'est longtemps nourrit de notes prises au cours de ses nombreux voyages à travers le monde : Inde, Australie, Alaska, Zanzibar, Malawi, Texas, Nouvelle-Zélande, Italie... Consignées dans un carnet, formes, signes, événements retenus étaient à son retour à l'atelier restitués librement sous forme de dessins au pastel.
Pour David Tremlett, l'architecture a toujours occupé dans son oeuvre une place prépondérante jusqu'à structurer depuis ces dernières années son procéssus créatif. A la galerie, 6 couleurs (rouge brique, noir, jaune sable, marron, vert olive, vert pistache...) suffiront à transformer le mur de la galerie en un mur pignon. Dans un premier temps, il va entourer de bandes adhésives des formes à angles droits déssinées sur le mur. Il va ensuite travailler chaque forme une à une en appliquant la couleur avec des batons de pastel puis avec la paume de sa main et à l'aide d'une éponge étaler cette couleur pure. Le "massage" du mur se fera jusqu'à l'obtention d'un patine satisfaisante sans toutefois chercher à masquer ses imperfections.
Ainsi, les formes cernées par une étroite bande blanche laissée en réserve s'emboitent et s'harmonisent entre elles. L'artiste nous restitue mentalement de manière fragmentaire, les éléments un puzzle reconstitué.

David Tremlett est né en 1945. Il vit et travaille à Londres et réalise de très nombreux dessins muraux dans divers pays aussi bien dans des lieux publics que privés.

Citons parmi les récentes expositions, la première rétrospective que le musée de Grenoble lui organisa l'été dernièr où les œuvres anciennes (graphites sur papier, collages, sculptures, photographies, oeuvres sonores...) côtoyaient les "Wall Drawings" adaptés à la spécificité du lieu.

Grâce à une importante commande publique de la DRAC Champagne-Ardennes, il vient de réaliser les vitraux de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Villenauxe-La-Grande (Aube-en-Champagne).


Vue de l'exposition Back to the Drawing Board, galerie Jean Brolly


Vue de l'exposition Back to the Drawing Board, galerie Jean Brolly
Drawing for an unknow Wall #7, 1999, pastel sur papier, 108 x 150 cm etWall Lines #17, 2007, pastel et graphite sur papier, 75 x 245 cm


Vue de l'exposition Back to the Drawing Board, galerie Jean Brolly
Drawing for a Square Wall #1, 1999, pastel sur papier, 104 x 416 cm

 

 

 

Marielle Paul - - - - - - - - - - - Un rocher tombe entre les arbres
mars - avril

Marielle Paul peint invariablement à la gouache sur papier depuis des années. Pour sa première exposition à la galerie, elle présente un ensemble récent de petits et moyens formats.

On parvient ici et là, à identifier des nuages dans un ciel bleu, un ruisseau qui traverse un paysage, des montagnes aux formes arrondies, un coin de mer ou encore des éléments de végétation. Pourtant, si Marielle Paul ne peint pas d’après nature, son propos, n’est pas de nous offrir un paysage idyllique, idéalement recomposé, mais plutôt de troubler notre perception immédiate en nous invitant à nous perdre dans une composition frontale d’un genre différent.
D’ailleurs des motifs allogènes font obstacle dans la construction et dans la lecture du paysage imaginaire. Or la simultanéité avec laquelle ceux-ci, souvent d’origine végétale, et le « fond de paysage » s’exposent au regard apparaît comme une anomalie dans le processus de stratification pictural. Au lieu de réconcilier le décor et le décoratif, Marielle Paul choisit plutôt de les confronter. Les deux genres sont convoqués, mais ils s’opposent. Le décor relève du réel et de sa libre représentation et le motif décoratif s’éloigne franchement du premier pour n’en retenir que les formes élémentaires (celles de l’entrelacs, des stries, de la spirale, etc). On aurait tort toutefois d’assimiler leur relation à celle d’un collage ou d’un effet de zoom avant sur un détail. Quand on s’absorbe longtemps à vouloir démêler l’ordre des plans picturaux, en vérité ni premier plan ni arrière plan ne se dégage avec évidence, ou alors exceptionnellement, l’évidence devenant frontale, justement, et alors saisissante de simplicité, le motif (qui affectionne les formes imbriquées) agissant non comme un supplément de beauté mais plutôt par intrusion - intrusion de la mémoire, où se distinguent si peu réel et imaginaire.

D’une grande sobriété qui confine à l’ascétisme, les gouaches de Marielle Paul balancent entre ce qui ne ressemble à rien de connu et ce qui nous appartient à tous.

La simplicité du résultat est le produit d’un travail sophistiqué obtenu par une méthode rigoureuse, où la dextérité renvoie à une gestuelle calligraphique, courte mais incisive. Ainsi la couleur, comme par modestie, n’envahit-elle jamais la totalité du support et les parties laissées en réserve entourent-elles la zone peinte pour former un cadre nébuleux ou accentuer l’horizontalité du format. Tout est réfléchi, programmé, calculé. Le geste, utile et essentiel, est avant tout l’expression de la pensée.



Vue de l'exposition Marielle Paul "Un rocher tombe entre les arbres", galerie Jean Brolly, 2007



Cercles rouges, 2003, gouache sur papier, 29,7 x 42 cm



Paysage tramé, 2006, gouache sur papier



Grand fleuve à perte de vue, 2006, gouache sur papier

 

 

 

Alan Charlton- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -Outline Paintings
février - mars

Né à Sheffield, en 1948, Alan Charlton vit et travaille à Londres. Il expose actuellement à la Kunstlerhaus Palais Thurn und Taxis à Bregenz (Autriche).
En France, le musée d’art contemporain de Nîmes (Carré d’art) lui aconsacré une rétrospective en 1997, et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1989.

« I am an artist who makes a grey painting », Alan Charlton

Alan Charlton présente pour sa première exposition à la galerie Jean Brolly, des peintures de la série « Outline paintings ».
Fidèle à un principe élaboré à la fin des années 60, Alan Charlton poursuit avec une même exigence, une démarche que l’on pourrait rapprocher de celle des minimalistes : mise à distance de toute narration et valorisation du processus d’élaboration de l’oeuvre.
Tel un artisan, il apporte un soin tout particulier à la fabrication du châssis et à la tension de la toile, comme pour exercer un parfait contrôle sur cet « objet » à 3 dimensions. Chaque toile est en effet pensée, élaborée à partir d'un module de 4,5 cm correspondant à la largeur des tasseaux utilisés pour ses châssis. La couleur grise (gris toujours uniques en raison du dosage de plusieurs couleurs) qu’il applique en plusieurs couches de manière uniforme, en prenant soin de toujours laisser apparaître la texture de la toile, couvrira la totalité de la surface plane et de ses côtés.
De ce fait, malgré une apparence mécaniste, tous ces points évoqués sur sa méthode de travail l’éloignent des pratiques minimalistes américaines.
Dès ses premières séries "Square hole" Paintings (1969), "Slots" Paintings (1971) ou encore les "Channel" Paintings (1972), les entailles dans les châssis ou les vides aménagés d’une largueur de 4,5 cm laissent voir le mur, l’intégrant ainsi à l'œuvre. Avec la peinture présentée à la galerie, Alan Charlton met encore plus en évidence le rapport profond que cet "objet/peinture/sculpture" entretient avec l’espace et le mur qui lui sert de support.
L’artiste interviendra directement sur le mur en peignant autour d’une toile classique, une bande d’un gris identique, laissant entre les deux éléments peints une large bande en réserve (le mur) jouant ainsi sur la représentation de l’encadrement.


Ci-dessous : vues de l'exposition Outline Paintings, Galerie Jean Brolly, Paris


« Outline painting », 2007, acrylique sur toile et mur
toile : 216 x 270 cm - total : 333 x 381 cm, distance : 54 cm
« Outline painting », 2007, acrylique sur toile et mur
toile : 54 x 54 cm - total : 171 x 171 cm, distance : 54 cm


« Outline painting », 2007, acrylique sur toile et mur
toile : 216 x 270 cm - total : 333 x 381 cm, distance : 54 cm


« Outline painting », 2007, acrylique sur toile et mur
toile : 54 x 54 cm - total : 171 x 171 cm, distance : 54 cm


« Outline painting », 2007, acrylique sur toile et mur
toile : 54 x 216 cm - total : 171 x 393 cm, distance : 54 cm


« Outline drawing #7 », 2007, acrylique sur toile sur papier et crayon
toile : 27 x 36 cm - cadre : 67 x 76 cm; et « Outline drawing #2 », 2007, acrylique sur toile sur papier et crayon
toile : 13,5 x 34 cm - cadre : 53 x 94 cm
« 3 parts painting », 1996, acrylique sur toile
3 toiles : 175,5 x 49,5 cm - total : 175,5 x 157,5 cm

 

 

 

Jean Claus - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -Garde-meuble
janvier - février

Jean Claus est né en 1939. Il vit et travaille à Strasbourg.
Après diverses activités professionnelles, il décide vers 1980 de se consacrer entièrement à son activité artistique.
“Garde-meuble” présenté à la galerie constitue sans doute le corps central de son oeuvre. Nous sommes ici dans le lieu des réminiscences où se jouent d’incertaines
mythologies dans le décor d’un garde-meuble suscitant le ressouvenir.
S’il fallait résumer le travail de Jean Claus, on pourrait dire qu’il se réfère à la tradition du Beau académique en le représentant sous une forme abâtardie par des mésalliances ancillaires.
L’abandon de l’Idéal impossible et sa dérive vers le cliché et le décoratif fondent ces oeuvres. Elles acquièrent au cours de leur élaboration une impressionnante surenchère ornementale qui les rend ainsi insupportables à la notion du bon goût.
Sont présentées des armoires-sculptures hypertrophiées, des tableaux mythologiques placés dans des cadres exubérants, et d’autres bizarreries.
Les matériaux utilisés par Jean Claus sont hybrides, synthétiques : le polyester, la fibre de verre ou aussi le carton pâte. Il imite avec ces ingrédients les matériaux dits “nobles”,
“authentiques” , symboles des valeurs d’une hiérarchie sociale, moqués ( non sans une certaine tendresse) par ces faux semblants de marbre, de dorures et nous fait ainsi entrer dans le théâtre des artifices et des illusions perdues.


Annanée répudiée, technique mixte, 2006


“Ô Marie”, technique mixte, 2006



Vue de l'exposition "Garde-Meuble", galerie Jean Brolly, 2007