| 2OO7 |
Michel Verjux - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - I n d e x "Pour qu'il y ait exposition, il faut un espace sous un certain éclairage perçu par le regard d'un spectateur." Michel Verjux, "Entretien avec Jean Brolly", in Valses nobles et sentimentales, Les Musées de la Ville de Strasbourg, 1991. La galerie Jean Brolly présente plusieurs œuvres récentes dont certaines rappellent celles conçues pour l'exposition Contrepoint : de la sculpture à laquelle il a participé au printemps dernier au Musée du Louvre : Avec ses œuvres, ses "éclairages", Michel Verjux travaille depuis vingt cinq ans sur l'événement, l'acte, l'objet, le dispositif et le signe d'exposition. Principalement constituées de projections de lumière, orientées, cadrées et focalisées, ces œuvres peuvent être vues non seulement comme de simples images, formes ou signes géométriques de lumière projetée dans l'espace réel, mais aussi et surtout comme des indices et des symboles de l'événement, de l'acte, du fait, de l'objet et du dispositif que représente, selon l'angle sous lequel nous l'abordons, l'exposition. Ces signes sont là pour nous faire prendre conscience de l'interaction des composants intrinsèques à chaque situation d'exposition (espace architectural, urbain ou rural, temps de l'exposition et du parcours du visiteur, matière, formes et structure constitutives des plans et des volumes éclairés et lumière ambiante préexistante) et des composants plus spécifiquement humains (nos dispositions à sentir, agir et penser - à percevoir, parcourir et comprendre).
|
Pierre Savatier - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Règles filées Depuis 1983, la mesure de référence universelle du mètre étalon est la distance parcourue par la lumière dans le vide en une fraction de seconde. C'est dire combien la lumière a une relation avec la mesure de l'espace. Si Pierre Savatier se réfère à cette réalité physique avec les moyens rudimentaires du photogramme, c'est que pour lui la photographie est aussi une histoire d'espace et de lumière mesurée. Les photogrammes de Pierre Savatier nous montrent les traces des faisceaux lumineux guidés par les règles, filant vers le bord extérieur du papier photosensible. On pense à la vitesse de la lumière. Les règles peuvent être placées par ordre de grandeur, en désordre, ou croisées. Plus encore que lors des deux précédentes expositions à la galerie, c'est la lumière réfractée par les objets qui prime ici. L'image des règles, leurs graduations et leur transparence, sont des vecteurs de lumière. Dans ces photogrammes, c'est la lumière qui construit un espace avec des « instruments de mesure » (1). Toute l'oeuvre de Pierre Savatier croise une réflexion sur le dispositif (utilisé) et sur l'image (produite), sur la lumière et sur la vision. En marge du courant documentaire dominant la photographie contemporaine, l'oe uvre articule une pensée spéculative sur le médium avec une relation à l'imaginaire. 1) Titre générique des premiers photogrammes de Pierre Savatier en 1988.
|
Tatjana Doll - - - - - - - - - - - - - - - - - - Vigilance propreté Un regard personnel et inattendu sur Paris, tel sera le thème de la nouvelle série de peintures que l'artiste berlinoise, Tatjana Doll, a choisi de montrer pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Jean Brolly. En conformité avec les propositions artistiques du groupe "hobbypop" dont elle fut membre (Düsseldorf - 1997 - avec Tine Furler, Sophie von Hellermann, Dietmar Lutz et Markus Vater), Tatjana Doll s'intéresse d'une manière quasiment exclusive aux choses "sans âmes et sans pathos" : iPod, Mini, Hummer, gobelets en carton des chaines de restauration, logos d'enseignes, panneaux de signalisaion... Tous ces objets sont peints d'une manière énergique et directe loin de toute esthétique minutieuse et délicate. Tatjana Doll a choisi de faire un ensemble de peintures ayant pour sujet les outils employés pour mettre en oeuvre la politique écologique municipale : balayeuses, containers pour le recyclage du verre, potences pour les sacs poubelle et bien entendu les sacs poubelles eux-même qui ont permis à l'artiste de rendre un hommage inattendu aux verres cannelés de Raymond Hains. Leur inscription "vigilance propreté" a donné le titre à l'exposition et peut mener à une réflexion critique sur le comportement individuel et collectif.
|
Jan Kämmerling - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Lift off Jan Kämmerling, jeune artiste de Düsseldorf était invité en 2006 à l'Atelier de la Galerie Jean Brolly. Pour cet espace, visible uniquement depuis la rue, il réalisa spécialement une sculpture/peinture: un long parallélépipède de couleur orange posé au sol et calé contre le mur opposé traversait en oblique tout l'espace. L'oeuvre démesurée par rapport au lieu semblait ne pas trouver sa place et donnait l'impression de ne pas être installée.
|
David Tremlett - - - - - - - - - - -
Back to the Drawing Board Jean Brolly invite David Tremlett a intervenir directement dans l'espace de la galerie pour créer une grande composition murale. David Tremlett est né en 1945. Il vit et travaille à Londres et réalise de très nombreux dessins muraux dans divers pays aussi bien dans des lieux publics que privés. Citons parmi les récentes expositions, la première rétrospective que le musée de Grenoble lui organisa l'été dernièr où les œuvres anciennes (graphites sur papier, collages, sculptures, photographies, oeuvres sonores...) côtoyaient les "Wall Drawings" adaptés à la spécificité du lieu. Grâce à une importante commande publique de la DRAC Champagne-Ardennes, il vient de réaliser les vitraux de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Villenauxe-La-Grande (Aube-en-Champagne).
|
Marielle Paul - - - - - - - - - - -
Un rocher tombe entre les arbres Marielle Paul peint invariablement à la gouache sur papier depuis des années. Pour sa première exposition à la galerie, elle présente un ensemble récent de petits et moyens formats. On parvient ici et là, à identifier des nuages dans un ciel bleu, un ruisseau qui traverse un paysage, des montagnes aux formes arrondies, un coin de mer ou encore des éléments de végétation. Pourtant, si Marielle Paul ne peint pas d’après nature, son propos, n’est pas de nous offrir un paysage idyllique, idéalement recomposé, mais plutôt de troubler notre perception immédiate en nous invitant à nous perdre dans une composition frontale d’un genre différent. D’une grande sobriété qui confine à l’ascétisme, les gouaches de Marielle Paul balancent entre ce qui ne ressemble à rien de connu et ce qui nous appartient à tous. La simplicité du résultat est le produit d’un travail sophistiqué obtenu par une méthode rigoureuse, où la dextérité renvoie à une gestuelle calligraphique, courte mais incisive. Ainsi la couleur, comme par modestie, n’envahit-elle jamais la totalité du support et les parties laissées en réserve entourent-elles la zone peinte pour former un cadre nébuleux ou accentuer l’horizontalité du format. Tout est réfléchi, programmé, calculé. Le geste, utile et essentiel, est avant tout l’expression de la pensée.
|
Alan Charlton-
- - - - - - - - - - - - - - - - - - -Outline Paintings Né à Sheffield, en 1948, Alan Charlton vit et travaille à Londres.
Il expose actuellement à la Kunstlerhaus Palais Thurn und Taxis à Bregenz (Autriche). « I am an artist who makes a grey painting », Alan Charlton Fidèle à un principe élaboré à la fin des années 60, Alan Charlton poursuit avec une même exigence, une démarche que l’on pourrait rapprocher de celle des minimalistes : mise à distance de toute narration et valorisation du processus d’élaboration de l’oeuvre. Tel un artisan, il apporte un soin tout particulier à la fabrication du châssis et à la tension de la toile, comme pour exercer un parfait contrôle sur cet « objet » à 3 dimensions. Chaque toile est en effet pensée, élaborée à partir d'un module de 4,5 cm correspondant à la largeur des tasseaux utilisés pour ses châssis. La couleur grise (gris toujours uniques en raison du dosage de plusieurs couleurs) qu’il applique en plusieurs couches de manière uniforme, en prenant soin de toujours laisser apparaître la texture de la toile, couvrira la totalité de la surface plane et de ses côtés. De ce fait, malgré une apparence mécaniste, tous ces points évoqués sur sa méthode de travail l’éloignent des pratiques minimalistes américaines. Dès ses premières séries "Square hole" Paintings (1969), "Slots" Paintings (1971) ou encore les "Channel" Paintings (1972), les entailles dans les châssis ou les vides aménagés d’une largueur de 4,5 cm laissent voir le mur, l’intégrant ainsi à l'œuvre. Avec la peinture présentée à la galerie, Alan Charlton met encore plus en évidence le rapport profond que cet "objet/peinture/sculpture" entretient avec l’espace et le mur qui lui sert de support. L’artiste interviendra directement sur le mur en peignant autour d’une toile classique, une bande d’un gris identique, laissant entre les deux éléments peints une large bande en réserve (le mur) jouant ainsi sur la représentation de l’encadrement. Ci-dessous : vues de l'exposition Outline Paintings, Galerie Jean Brolly, Paris
|
Jean Claus - - - - -
- - - - - - - - - - - - - - - - - - -Garde-meuble Jean Claus est né en 1939. Il vit et travaille à Strasbourg.
|