Armando MARIÑO-
- - - - - -Night inside of painter's house
novembre - décembre
Armando Mariño, "Untitled (Crash)", 2006, huile sur
toile, 45 x 80 cm ; "The Hole", 2006, huile sur toile, 200 x
236 cm ; "Untitled (Crash)", 2006, huile sur toile, 41,5 x 41
cm.
Armando Mariño, "Coming from nowhere", 2006, huile sur
toile, 280 x181 cm ; "The night inside of the painting house",
2006, huile sur toile, 190 x 213 cm.
Armando Mariño, "The night inside of the painting house",
2006, huile sur toile, 190 x 213 cm ; "Storm", 2006, huile sur
toile, 44 x 58,5 cm ; "Tree boy", 2006, huile sur toile, 180
x 245 cm.
Hyong-Keun YUN octobre - novembre
La deuxième exposition personnelle de Hyong-Keun YUN à
la galerie s'incrit dans le cadre des manifestations “Corée
au Coeur” 1886-2006 (120e anniversaire des relations diplomatiques
entre la France et la Corée) et sera l'occasion de présenter
avec des peintures (récentes et plus anciennes) et des oeuvres
sur papier, un large aperçu du travail de l'artiste.
Né en 1928 en Corée, il est l'un des représentants
d'une génération de peintres qui a engagé de manière
radicale, dans les années 1960, l'art coréen dans la modernité.
Ses début furent “Informels” comme beaucoup d'oeuvres
de jeunes artistes de cette époque. Ce langage universel était
alors synonyme de modernité.
Le lyrisme gestuel riche de sa spontanéité et de son chromatisme
céda rapidement sa place à une oeuvre plus concentrée,
prenant racine dans l'esthétique confucéenne et taoïste
pour aller vers la monochromie.
Les peintures de Yun se réduisent ainsi à des formes rectangulaires
ou carrées qui comme des stèles viennent prendre appui sur
le bord inférieur du tableau. Elles sont peintes dans une couleur
noirâtre obtenue par le mélange de l'outremer symbolisant
l'eau et de l'ombre brûlée symbolisant la terre.
La méthode employée est simple : l'artiste délimite
avec des bandes adhésives l'espace à peindre et applique
la couleur à l'aide d'une large brosse fixée au bout d'un
manche, sur la toile écrue posée à même le
sol.
Avec une économie de moyens, il accorde une grande place à
la perception, et refuse tout effet démonstratif. Il va même
jusqu'à intégrer l'effet de capilarité (la peinture
étant souvent très diluée) vers la zone laissée
en réserve, échappant ainsi à son contrôle.
Largement représenté en Corée et au japon, son travail
fut également présenté en 1993 et 1994 à la
Donald Judd Foundation de New York et Chinati Foudation Marfa, ainsi qu'à
la biennale de Venise en 1995 (pavillon coréen), puis à
Reutligen (Allemagne) à la Stiftung für Konkrete Kunst qui
lui consacra sa première rétrospective européenne.
Daniel SCHLIER
septembre - octobre
La galerie Jean Brolly présente pour la première fois du
9 septembre au 14 octobre 2006 une exposition personnelle de Daniel Schlier.
L'artiste dont on a pu remarquer des oeuvres dans l'exposition "La
Force de l'Art" au Grand Palais, présente ses dernières
peintures où la figure humaine, omniprésente, est confrontée
à un élément perturbateur.
A vrai dire, Daniel Schlier serait , dans la meilleure acception historique
du terme, un peintre d'icônes. Respectueux des règles de
cet art, son objectif principal est d'arriver par une technique précise
et irréprochable à doter l'image d'un pouvoir "magique
et pétrifiant".
Les sujets de ses tableaux (la figure humaine, l'allégorie, les
vanités) renvoient aux origines de la peinture et ravivent ainsi
les querelles de l'idolâtrie et de l' iconoclasme. D'autre part,
la force hiératique des personnages est accentuée par les
attributs symboliques placés dans leur entourage : jeune mère
tenant dans ses bras le bébé qu'elle fut, moteur de voiture
porté comme une offrande, fourchettes et couteaux irradiant les
jambes d'un nu.
La composition des tableaux de Daniel Schlier est fruste : un personnage
central et un objet sur un fond uni. La source iconographique de ses oeuvres
pourrait bien se situer dans les peintures et gravures des maîtres
rhénans du Moyen-Age tels que Holbein, Grünewald, Baldung
Grien qui associèrent si intensément le sensuel et le macabre.
Le spectateur dont le regard est perturbé par ces allégories
contemporaines est invité à s'interroger sur le pouvoir
réel et mystificateur de la peinture.
"Un tableau ne peut être brutal ou joyeux; il est seulement
grand ou petit, clair ou sombre" dit Daniel Schlier pour maintenir
le paradoxe.
Daniel Schlier a participé à de nombreuses expositions en
France et à l'étranger. En 2003, le Musée d'Art Moderne
et Contemporain de Strasbourg lui a consacré une exposition personnelle
avec la publication d'un important catalogue.
Nous tous sommes la pluie
- Sur une proposition d'Aurélie Voltz
juin - juillet
L'exposition « Nous tous sommes la pluie » propose un regard
sur la scène berlinoise à travers un choix d'œuvres
de cinq artistes, d'origine suisse et allemande. Loin de vouloir «
représenter » la scène d'une plaque tournante qu'est
devenue cette capitale depuis quelques années, les œuvres
retenues trouvent pourtant un certain ancrage dans la culture germanique.
Les sculptures, dessins et collages ici présentés sont autant
de variations sur le paysage et le rapport de l'homme et la nature. Qu'il
s'agisse de changement d'échelle ou de fétichisation, d'allégorie
ou d'humanisation, les travaux opèrent une représentation
de la nature qui tient toujours d'une réappropriation, sous une
forme abstraite ou figurative, presque indifféremment. Ainsi les
sculptures de Rolf Graf et Gabriel Vormstein, chacune à sa manière,
matérialisent cette rencontre au travers de branches qui gardent
en elles la trace d'un vécu, et se font l'ersatz de mécanismes
culturels. Associant l'usage ancestral et archaïque d'un bout de
bois et l'apport technologique et contemporain de matériaux qui
leur sont greffés — un tee-shirt usé imprimé
d'un motif d'oiseau pour Rolf Graf, des feuilles métalliques et
des bandes de scotch de couleur pour Gabriel Vormstein — chacune
témoigne d'une fusion formelle et spirituelle d'éléments
de paysage et de bouts d'humanité, teintés de souvenirs
et de gestes d'apprivoisement.
La sculpture de Bernhard Walter, Der Berg bewegt sich nicht , de son propre
aveu « entre montagne, abri et heaume », pousse ce rapport
à la nature en terme de volume. Une masse impressionnante, assez
haute et dégagée pour inviter le visiteur au refuge sans
le permettre toutefois, trahit son côté à la fois
menaçant et rassurant, incontrôlable, dont on ne peut ignorer
le double rôle d'une « force tranquille ». L'ironie
grinçante de cette montagne démontable tient également
à l'ambivalence de ses constituants, matériaux industriels
et naturels, solides et fragiles, à savoir la céramique
et l'acier.
Les collages et dessins de Michael Schultze et Claudia Wieser convoquent
davantage un univers abstrait, à la fois dans la forme et l'allégorie.
Le premier confronte, dans sa série de collages, des scènes
de paysages sur des photos trouvées, anonymes, à des phrases
extraites de la pièce de Robert Musil, Les Exaltés . L'homme
y apparaît peu, la nature plutôt souveraine semble prendre
le dessus, exprimant peut-être le désarroi et la perdition
des couples des Exaltés . Ce sont également des photographies,
pour certaines vieilles d'une centaine d'années, qui servent de
base aux dessins de Claudia Wieser. Reproduites en grand format sur un
papier jauni, elle y apporte des modifications d'ordre différent
: ajout de couleurs à l'aquarelle, mais surtout formes géométriques
exécutées au crayon noir, découpant les paysages
en leur centre, redistribuant la composition de l'ensemble. Le sujet,
reconnaissable et préservé — l'artiste maintenant
un équilibre sensible entre photographie et dessin — se présente
sous un jour nouveau, au travers d'une relecture moderniste.
Rassemblés sous un titre emprunté au poète Paul Celan,
les travaux font référence à une nature qui ne peut
se passer du corps et de l'être humain, dans une communion plus
ou moins harmonieuse. Qu'ils procèdent de greffes, de compositions,
d'associations, de collages ou d'assemblages, les rapprochements entre
l'homme et la nature sont souvent plus formels que sentimentaux, rappelant
l'imagerie du poète, notamment ces dents de neige, ces lèvres
de fleurs, ou encore cette dernière feuille sur l'arbre qui crie…
où le corps et la nature ne font qu'un.
Bernhard Walter,
“Der Berg bewegt sich nicht” (La montagne ne bouge pas), 2006,
céramique, métal, dimensions variables.
En fond : Claudia Wieser, Ensemble de gravures, 2005-2006, dessin sur
gravure, dimensions variées.
Rolf Graf est né en 1969 à Heiden AR (CH).
Il vit et travaille à Berlin. Michael Schultze est né en 1965 à Münich
(D). Il vit et travaille à Berlin. Gabriel Vormstein est né en 1974 à Konstanz
(D). Il vit et travaille à Berlin. Bernhard Walter est née en 1966 à Landshut
(D). Il vit et travaille à Berlin et Cologne. Claudia Wieser est née en 1973 à Freilassing
(D). Elle vit et travaille à Berlin et Münich.
Aurélie Voltz est née en 1973 à Paris. Commissaire
indépendante, elle réside depuis deux ans à Berlin.
Bernard AUBERTIN- -
- - - - - - - - - - -Peinture monochromes or
mai - juin
Romain PELLAS
mars - avril
Les œuvres de Romain Pellas créent toujours la surprise en
échappant aux lois de la construction classique. Ses constructions
souvent envahissantes dérangent, perturbent le regard et le déplacement
du visiteur.
Elaborées avec une apparente maladresse à partir d'un assemblage
de matériaux hétérogènes (morceaux d'aggloméré,
contreplaqué, polystyrène, tasseaux, film plastique...),
elles évoquent plutôt un habitat précaire ou encore
des maquettes d'architecture crées dans l'urgence pour un projet
à venir mais improbable, qu'un bâti rationnel et rassurant.
Pour la galerie, Romain Pellas a choisi de montrer sous la verrière,
une sculpture imposante. Constituée de 2 volumes similaires mesurant
chacun environ 3m X 3m X 3m, fabriqués avec des tasseaux, 2 portes
d'accés permettent l'accés aux visiteurs. Un film plastique
protecteur noir recouvre l'extérieur tandis que celui de l'intérieur
est bleu.
Des caissons lumineux font office de fausses-fenêtres. Une bouche
de raccordement, visible de l'extérieur, relie les 2 volumes. Elle
est en quelque sorte le pont mental entre les 2 entités. Le titre
de l'œuvre est Processeur / Transformateur .
Parallèlement, sont présentés un ensemble de photographies
et de dessins. Les photos sont pour Romain Pellas le constat du déroulement
d'une action. Elles sont le témoignage d'œuvres disparues.
Les dessins, eux, sont très souvent liés à la topographie
et à l'architecture.
"Processeur / Transformateur", bois, plastique, plafonniers
néons, surface au sol 65 m2, hauteur 3,60 m, vue de l'exposition,
galerie Jean Brolly, Paris.
Remy HYSBERGUE
janvier - février
Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Jean
Brolly, Rémy Hysbergue présente des tableaux issus des toutes
dernières séries :" Chaque jour", "Spectral
"et "Pour l'instant".
Depuis le début des années 90, Rémy Hysbergue travaille
par séries. Par un incessant brassage de références
picturales et graphiques il tente de comprendre ce qu'est devenu la peinture.
Après toutes les évolutions et " spécialisations
" de ces dernières décennies est-t-il possible de commencer
à rassembler les pièces du puzzle?
Dans la série des " Chaque jour " suivant une démarche
procedurale très précise : trois niveaux d'application de
scotch de masquage suivis de trois passages à la spatule "
dans le frais " il se permet de croiser op art, process painting
et imagerie numérique avec un grand pouvoir de séduction.
Les “Spectral” plus basés sur une approche évocatrice
d' une possibilité de paysage poussent l'effet jusqu' à
nous faire douter de notre perception de la beauté. Enfin la série
des "Pour l'instant " réalisée sur miroir acrylique
ose jongler avec les pires lyrismes des années 60, et une conscience
de la touche très 90.